L’égalité trouve sur un plan juridique sa consécration dans l’article premier de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui dispose : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ». L’égalité est le fondement de l’État de droit démocratique et la condition d’une organisation sociale donnant à chacun ses chances en fonction de ses mérites ; c’est par là même un facteur de cohésion et de stabilité pour le groupe.

Nous constatons avec satisfaction que l’égalité réelle se place au cœur de notre projet municipal et qu’est lancée la construction d’une politique ambitieuse en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, sous l’impulsion de notre collègue Aïcha Bassal, adjointe à la vie associative, à l’égalité et la lutte contre les discriminations, et comme l’a prouvé la signature de la charte européenne dans notre mairie le mois dernier.

Cela étant, je crois qu’il faut se garder d’une tentation égalitariste qui reviendrait à tout uniformiser au motif que certaines différences créent de l’injustice. L’injustice et la souffrance doivent être combattues avec vigueur et conviction. Mais nous n’avons pas à tenter de fabriquer artificiellement l’égalité matérielle de tous, ce qui reviendrait à pervertir l’idéal d’équité en dévoiement égalitariste.

Contre le socialisme et son symétrique le libéralisme, la position des élus centristes que je voudrais défendre ici est celle du solidarisme. Contre l’égalitarisme organisé par l’Etat-Providence et contre le système cynique d’assistance purement privée où les riches seuls bénéficient de garanties de protection, je défends le double principe de responsabilité et d’assistance mutuelle.

Cette responsabilité collective devant les plus faibles et ce devoir d’assistance continuent de nous interpeller dans notre ville comme dans notre pays. La justice et l’équité réclament un effort de tous, et des politiques au premier chef, pour lutter contre toute forme d’injustice ou de discrimination liées à la condition sociale, la culture, la religion, la race, le physique, les aptitudes, l’accès aux services ou encore le sexe et l’orientation sexuelle.

Afin de répondre aux défis de l’égalité à Nantes, voici, à titre d’exemples, trois propositions concrètes qui illustrent comment nous répondrions à ce défi si nous étions membres de l’exécutif local :

  • Pour lutter contre l’injustice scolaire, je propose que nous réfléchissions à expérimenter à Nantes le projet « Zéro devoir à la maison ». Une sorte de plate-forme collaborative réunissant associations familiales, professionnels de l’enseignement et bénévoles dûment formés pour que tous les enfants sortent de l’école en ayant fait leurs devoirs et pour travailler à réduire l’inégalité des enfants face à l’apprentissage scolaire dans l’enseignement primaire.
  • Pour lutter contre l’inégalité socio-économique face à la dépendance des personnes âgées, je souhaite que nous réfléchissions à la création d’un système de microcrédits permettant de financer les aménagements nécessaires au maintien à domicile et à la prévention des accidents liés à la dépendance ; nous savons que le rythme de construction des EHPAD et autres structures d’accueil pour le 3e âge est actuellement insuffisant sur l’ensemble du territoire métropolitain, cette mesure répondrait alors à une impérieuse nécessité.
  • Pour lutter contre la discrimination dont peuvent être victimes les pères de famille séparés, auxquels on dispute parfois très injustement la garde et le droit de visite de leurs enfants, j’appelle notre collectivité à soutenir une structure d’échanges, de défense et d’accompagnement pour soutenir ces hommes en difficulté et permettre aux enfants concernés de grandir accompagnés de leurs deux parents.

L’égalité nécessite une attention spéciale portée au plus grand nombre, une vigilance constante, un engagement quotidien et sans faille à servir la cause.

Réfléchir ensemble aux défis de l’égalité à Nantes et dans notre pays n’est pas un exercice de style. La montée des extrêmes, qui prospèrent de scrutin en scrutin, témoigne un désir d’équité et de justice sociale chez nos concitoyens qui ressentent les plus graves inégalités. A nous, élus, de répondre à cette attente et à cette désespérance.

Aussi, en guise de conclusion, je nous invite, tous ici réunis, à pratiquer cette attention à l’autre. Non comme une règle du jeu, mais comme un véritable art le vivre, au service de la paix sociale et du bonheur de chacun.