Madame le Maire, Chers collègues,

Ville-port, Nantes est par la géographie et l’histoire une agglomération construite par et pour les échanges. Cette vocation se confirme aujourd’hui dans notre ambition pour le XXIe siècle : conforter le rayonnement international de Nantes métropole européenne par l’adhésion à de nombreux réseaux européens et l’animation de partenariats privilégiés avec d’autres métropoles étrangères – je pense notamment à Eurocities dont vous avez été élue Présidente au mois de novembre, Mme le Maire, et qui rassemble une famille de 130 capitales régionales.

Faire vivre l’Europe sur le territoire métropolitain, faire entendre la parole de Nantes en Europe et renforcer l’attractivité et l’ouverture internationale de notre territoire passent également, nous le pensons, par un dialogue privilégié avec les ressortissants européens ou extra-européens qui résident de façon durable dans notre Ville. Ceux-ci doivent prendre leur part de la construction de la Cité puisqu’ils l’animent et la font vivre.

Nous partageons donc l’objectif général du CNCE et saluons l’élargissement qui est organisé dans le cadre de ce CNCE II. Il nous semble toutefois que la formulation de ses objectifs pourrait être améliorée.

Voyons par exemple le point 2-2 :

  • Le concept de « citoyenneté de résidence » floute un peu abusivement la signification du terme « citoyenneté » qui ne saurait se réduire selon nous à l’idée générale de lien social.
  • Ce paragraphe souligne aussi que certains Nantais étrangers sont « exclus » du droit de vote. Cette terminologie infuse une connotation à laquelle nous ne souscrivons pas : les étrangers ne sont pas ‘exclus’ puisqu’on ne les a pas fait sortir de quelque chose, il conviendrait de dire de manière plus neutre qu’ils n’ont « pas accès au vote ».

De façon générale, je remarque que le CNCE appelle les Nantais, sans doute à raison, à modifier leur regard sur les étrangers ou les migrants. Mais nous pensons que cette démarche ne peut être unilatérale et doit s’accompagner symétriquement du même regard porté par les populations accueillies sur notre Ville et sur nos valeurs. La citoyenneté, Madame Le Maire, c’est être rattaché à un état, être bénéficiaire de ses droits, mais c’est aussi avoir des devoirs. C’est pourquoi sans intégration préalable, rien ne marche et le concept de citoyenneté des étrangers n’est qu’un confort intellectuel qui ne satisferont que les politiques.

Aussi, pour infléchir la philosophie du CNCE II en ce sens, nous aimerions proposer de le renommer « Conseil pour l’intégration des étrangers ». N’oublions pas que pour un étranger intégré, tout est permis dans notre pays, dont l’accès à la citoyenneté.

Nous voterons pour cette délibération à la condition qu’y soit apportée cette modification.