En France, le décrochage concerne chaque année 140 000 jeunes qui sortent du système scolaire sans diplôme. On sait que les fondements du savoir se construisent très tôt ; c’est à l’école primaire que s’acquièrent les bases de tout l’apprentissage ultérieur : lecture, écriture et calcul. La qualité de l’enseignement et des conditions d’apprentissage durant les cycles élémentaire et moyen constitue donc un investissement déterminant pour la réussite finale de l’élève.

A Nantes, nous avons au moins deux progrès majeurs à accomplir.
Le premier concerne la mixité sociale de nos établissements. La carte scolaire impose un établissement de rattachement aux familles en fonction du domicile. Dès lors que certains quartiers nantais cumulent 89 % de logements sociaux, peut-on parler de mixité sociale dans les classes ? S’il est impossible d’organiser de force la mixité sociale dans toutes les écoles, même avec la carte scolaire, il convient peut-être de s’interroger sur l’équilibre de répartition de nos logements sociaux sur le territoire communal afin de garantir en même temps une vraie diversité de la population scolaire et donc une meilleure égalité des chances pour tous les enfants.

Le second progrès à accomplir concerne la mise en œuvre d’activités périscolaires de qualité.
La rapide mise en œuvre de la semaine de 4.5 jours à Nantes n’a pas permis de réaliser le travail de fond nécessaire. Or le temps périscolaire peut être long (4h30 pour les enfants restant à la cantine et le soir) mais il reste peu structuré car largement laissé à l’appréciation des enfants. Les activités proposées par les associations ou les animateurs peinent à mobiliser les élèves. Seules 13 écoles sur les 114 écoles nantaises ont construit un projet avec l’équipe d’enseignants. Il aurait été utile de remettre à plat le dispositif à l’occasion de cette rentrée, de renforcer la formation des animateurs, de s’appuyer davantage sur leurs compétences et de consolider les liens entre temps scolaire et périscolaire. En travaillant en amont, en offrant la capacité pour les enseignants de formuler des choix et des vœux, on inscrirait les activités périscolaires dans un vrai projet pédagogique.

A titre d’exemple, pourquoi ne pas enseigner l’anglais au travers d’activités non linguistiques telles que le sport, les arts ou le théâtre ? Nantes est riche d’un important tissu d’associations orientées vers les langues et la découverte de la culture anglophone, et nous accueillons chaque année de nombreux étudiants anglophones au sein de l’Université et des écoles supérieures. Voilà un vivier d’acteurs mobilisables pour permettre à chaque enfant de se familiariser tôt avec la langue des échanges… sans avoir à se financer un séjour à Londres.

Au-delà de ces deux points, nous considérons qu’il y a encore beaucoup à faire pour l’accueil des élèves handicapés dans les classes et dans le périscolaire, et pour le resserrement des relations parents-école, qui contribuent grandement à la réussite scolaire des enfants. La désynchronisation entre rythmes professionnels et scolaires rend parfois difficile le dialogue entre les enseignants et les familles, notre Groupe a donc soutenu lors du conseil municipal de juin le dispositif ‘Passerelles vers l’école’ qui œuvre en ce sens.

Bonne rentrée aux élèves, aux enseignants, animateurs et parents !