A – Les mensonges du Maire mis au jour

La presse a révélé il y a quelques jours aux Nantais ce qui se mitonnait dans les alambics de Nantes Métropole depuis des mois.

C’est la fameuse lettre de cadrage adressée par Benoist Pavageau aux services avant son départ. Ce texte programmatique révèle les véritables orientations de gestion à Nantes Métropole qui contredisent complètement la communication officielle de Johanna Rolland :

Edito de Mme Rolland, magazine Nantes Passion, mars 2015 :

« Nous maintiendrons notre soutien aux associations. Leur action, l’engagement des bénévoles est une formidable richesse qui contribue à notre dynamisme et à notre qualité de vie. Notre soutien passera par le maintien du montant global des subventions ».
Mme Rolland sur Télénantes, débat d’entre-deux tours, 25 mars 2014 :

« J’ai pris un engagement très clair sur les effectifs, qui est le maintien des effectifs ; je ne suis pas pour la décroissance » .

À ces deux engagements, énoncés à un an d’intervalle avec le même aplomb, Benoist Pavageau oppose deux restrictions très conséquentes :

« L’effort sur les subventions : il est proposé de rechercher des économies à hauteur de 5% de l’enveloppe globale ».

« L’effort sur la masse salariale : Il est proposé de réaliser en 2016 un effort sur la masse salariale de 4 millions d’euros par rapport au CA prévisionnel 2015 ».

Nous adressons ce jour un courrier à Madame le Maire, de manière très officielle, pour lui demander de corriger ses propos lors de l’édito du prochain numéro de Nantes Passion, en informant directement les Nantais de la baisse de 5% de l’enveloppe qui sera accordée aux associations pour 2016.

De façon criante, le dire et le faire se correspondent fort peu chez Johanna Rolland et ce décalage se traduit en différentes déclinaisons :

  1.  1er cas de figure que l’on vient d’illustrer avec les subventions et la masse salariale : « je dis que je ne ferai jamais et je fais quand même ». Exemple : L’Arbre aux Hérons, Mme Rolland avait dit qu’on n’avait pas les moyens et David Martineau semble avoir “trouvé” en quelques mois 35 M€ de financements privés. A suivre…
  2. 2e cas de figure : « Je l’avais pas dit mais je le fais » : élargissement du périmètre de stationnement payant et hausse des tarifs.
  3. 3e cas de figure : « Garnier l’avait dit, je le fais » : Ticket TAN famille le samedi (4 € jusqu’à 7 personnes) ; ouverture des commerces le dimanche, nulle part inscrite dans le programme, réalisée juste après l’élection ; baisse des subventions aux associations, que nous avions annoncée à hauteur de 10% sur 6 ans. Nous salons d’ailleurs le projet de création d’un Musée du FC Nantes, qui faisait partie de nos propositions de campagne. Nous espérons que la Ville saura accompagner intelligemment ce projet qui met en valeur notre club historique.
  4. 4e cas de figure : « Je l’avais dit mais je le fais pas » : Mise en place de la vidéoprotection, engagement fort de campagne (où sont les crédits ? Où sont les groupes de travail citoyens permettant de préparer la mise en œuvre de cette mesure attendue par de nombreux Nantais ?) ; interconnexion entre les lignes 1 et 2 du tramway : achat à prix d’or (100 000 000 €) de l’alliance PS – EELV au 2nd tour des municipales. Rien n’a été entamé à Nantes Métropole sur ce projet qui n’est raisonnablement pas finançable au cours du mandat.

Il semblerait que Johanna Rolland réalise enfin les efforts que demande le contexte budgétaire. Le problème est que, comme François Hollande, elle a menti pour assurer son élection, et se retrouve aujourd’hui face à des choix qui contredisent tous ses engagements.

B – Une nouvelle gouvernance ?

Malheureusement également classé dans la catégorie « Je l’avais dit mais je le fais pas ». La nouvelle gouvernance, deuxième engagement de campagne de Mme Rolland, se traduit dans les faits par :

  1. Un clash violent avec Gérard Allard, maire de Rezé, vice-président de Nantes Métropole, au sujet de la Présidence du MIN : « une nouvelle ligne de non-respect dans la nouvelle gouvernance promise. J’attendais un vrai partenariat, une écoute particulière. Les engagements ont été clairs. Je pensais naïvement qu’ils seraient tenus. Tel n’est pas le cas ».
    Et Gérard Allard de nous dire in extenso dans vos colonnes qu’en matière de gouvernance, « c’était mieux avant »…
  2. Le départ de Blandine Chavanne, directrice du Musée des Beaux-Arts, qui claque la porte à mi-chantier (comme si on pouvait se le permettre !) après avoir attendu plus d’un an que le maire veuille bien lui donner audience…
    L’ancien adjoint à la culture dénonce l’absence de dialogue et le travail de sape systématique des projets de Mme Chavanne par la nouvelle direction Culture de la Ville. Encore une fois, « c’était mieux avant ».