Une situation critique à Nantes comme ailleurs :

Le groupe des élus de la droite et du centre entretient un lien étroit avec les associations qui perçoivent directement l’onde de choc de ce phénomène : ce sont 120 à 150 migrants qui arrivent chaque mois à Nantes. Depuis juillet, on a atteint les chiffres de 180 adultes et de +20 % enfants par mois.

Nous saluons les annonces du maire qui rappelle le devoir de solidarité et d’accueil de ces populations en très grande détresse, et nous félicitons de la création d’un groupe de coordination entre l’Etat, la Ville et les associations.

Cette coordination, suscitée par l’émotion de la photographie du petit Aylan, arrive tardivement ; elle est particulièrement urgente pour plusieurs raisons :

  1. Les associations font un travail essentiel à budget constant, voire réduit, pour accueillir toujours davantage de personnes précaires : le 115 reçoit 200 appels par jour ; 140 places d’hébergement d’urgence sont nécessaires pour 20 existantes… Les associations méritent d’être soutenues par la Ville, financièrement bien sûr, mais aussi par cette action de coordination, surtout quand l’Etat se désengage.
  2. Les situations et statuts des personnes accueillies sont très variés. Le squat de Doulon (90 personnes depuis plus d’un an) illustre cette diversité de cas qui relèvent de la compétence de différents ministères et budgets.
  3. L’accueil de migrants dans la dignité pose de façon aiguë la question de l’action vis-à-vis des déboutés du droit d’asile. Est-il raisonnable de laisser vivre dans des conditions indignes des personnes en situation illégale qui n’ont pas de perspectives d’avenir en France ? Que font les services de l’Etat pour ces 60 à 70% de déboutés ?

L’accueil de réfugiés à Nantes a-t-il été correctement anticipé ?

Aujourd’hui certains réfugiés, notamment en provenance d’Erythrée, obtiennent des papiers en moins d’un an puis se retrouvent sans accompagnement alors qu’ils ne maîtrisent pas la langue ; d’où des difficultés administratives, d’emploi…

Accueillir les migrants sort largement du cadre de l’accueil d’urgence ; il faut donc prévoir le logement dans la durée et l’accompagnement afférent. Le Maire a-t-il prévu cela ? Quelles mesures pour l’apprentissage de la langue et de la culture françaises ?

Quelles mesures sont prises dès aujourd’hui pour préparer l’hiver qui apportera son lot de difficultés supplémentaires ?

Aider les populations dans leur milieu de vie

Notre position : outre l’accueil des personnes arrivées chez nous, Nantes doit apporter son aide aux populations restées chez elles afin d’endiguer cette fuite en avant. Promouvoir nationalement l’accueil des réfugiés sans travailler sur les causes est parfaitement inconséquent.

Voyons la position de Mohed Altrad, d’origine syrienne, prix mondial de l’entreprise 2015 :

«La solution ne me convient pas. On ne règle pas le problème à la base. La France a décidé d’accueillir 24 000 personnes mais qu’est-ce qu’on va faire si, l’année prochaine, il y en a 100 000, 200 000 ? Cette population qui arrive n’a pas souhaité venir en France ; elle n’est pas qualifiée, pas préparée par sa culture et sa langue». (Figarovox, Anne Filda 11/09/2015)

1,5 millions de personnes ont dû trouver refuge au Kurdistan (chrétiens, yézidis, musulmans), en abandonnant tout. Le premier droit des personnes est pourtant de pouvoir rester chez elles.

Nous proposons donc un redéploiement de la politique de coopération décentralisée de la Ville de Nantes en direction de l’Irak et la mise en place d’un parrainage de la ville d’Erbil où arrivent des centaines de milliers de réfugiés.

Notre parrainage devrait cibler prioritairement le soutien aux écoles, l’aide alimentaire et le logement.

Cf propos de Bassem Asseh sur Radio Fidélité il y a quelques mois :

« Je propose d’envoyer aux réfugiés de l’aide humanitaire – nourriture, couverture, etc (le Kurdistan irakien est très dur l’hiver) – et des livres scolaires. J’ai vécu le parrainage pendant la guerre du Liban via le jumelage avec des écoles françaises ; cela donnait envie d’être comme les autres enfants. »

Sur cette question qui interpelle chacun, nous espérons pouvoir avancer avec la majorité pour travailler à l’accueil des migrants qui arrivent chez nous et à l’aide des populations d’Irak.