Madame le Maire,

Le Groupe de la droite et du centre rappelle à l’occasion de cette délibération son opposition à toute forme d’intolérance et de discrimination en raison de caractères physiques, ethniques, sexuels ou autres. La dignité individuelle de chaque personne et le respect dû à son intégrité ne se négocient pas.

Le groupe des élus de droite a en revanche deux difficultés par rapport à la forme que vous proposez de donner à cette participation de la Ville à la lutte contre l’homophobie.

Premier point – Sur la forme. Malgré, je le répète, notre volonté d’œuvrer au respect, nous souhaitons prendre une distance vis-à-vis de la rédaction de la délibération qui nous est soumise. Il est question dans la délibération elle-même et dans la convention de « communauté LGBT » et de « communauté homosexuelle nantaise ». Je rappelle que l’article premier de notre constitution stipule que la République est une et indivisible. La République ne reconnaît donc pas de communautés.
Nous ne souscrivons donc pas à cette formulation qui tend à enfermer les personnes homosexuelles dans un groupe unique aux aspirations uniformes en opposition aux autres. Évoquerions-nous une communauté hétérosexuelle ou une communauté d’handicapés pour défendre leurs droits ? En choisissant ces mots, vous n’êtes pas loin du communautarisme, ce dont nous ne voulons pas.

Deuxième point – Sur le fond. Nous nous étonnons que le centre LGBT soit le seul canal par lequel transite notre aide à la lutte contre l’homophobie. D’autres associations existent qui portent un discours différent sur la question des droits des personnes homosexuelles.

La Coordination Lesbienne en France a quitté il y a quelques temps l’Inter-LGBT dont est membre le centre LGBT de Nantes pour ses positions sur la Gestation Pour Autrui, les mères porteuses et la prostitution.

Le centre LGBT de Nantes a organisé le 27 novembre 2015 une réunion d’information sur la GPA avec des témoignages de couples ayant eu recours à cette pratique. Ai-je besoin de rappeler qu’outre que cette pratique est interdite par la loi française, elle constitue une marchandisation du corps de la femme, souvent les plus précaires et des enfants ?

Est-il normal que la ville de Nantes subventionne une association qui promeut une pratique illégale en France et incite à contourner la loi ?

Cette question dépasse largement les clivages partisans, puisque se tenaientt cette semaine à l’Assemblée nationale les Assises pour l’abolition de la maternité de substitution avec la Coordination Lesbienne en France , la philosophe Sylviane Agacinski , Marie Georges Buffet, José Bové sous la présidence de Laurence Dumont, première vice-présidente de l’assemblée nationale.

C’est pour ces raisons de fond et de forme que nous ne voterons pas cette subvention.