Madame la Présidente,

« Le contrat de DSP prévoit une hausse moyenne  annuelle des tarifs… » On est prévenu, ce n’est pas un ajustement des tarifs à la hausse ou à la baisse mais quoi qu’il arrive une hausse !

Après une hausse de 5 % l’année dernière, vous nous annoncez cette année « une hausse modérée ». Il m’a semblé intéressant de regarder, derrière ces pourcentages, la réalité des tarifs.

Mme la Présidente, vous nous avez habitués à signaler dans cette assemblée les prix reçus par la métropole pour telle ou telle action remarquable. Je ne suis pas particulièrement heureuse de vous annoncer que, si l’on excepte Paris, Nantes Métropole remporte le premier prix des villes les plus chères pour les étudiants en termes de transport : le billet mensuel -26 ans, en partie à destination des étudiants, sera à 38 € à partir de juillet. Il n’est qu’à 10 € à Toulouse et en moyenne 25 % moins cher dans les autres grandes villes. Un étudiant nantais paye donc plus cher qu’un salarié qui se fait rembourser la moitié de son billet mensuel par son employeur. Concernant l’abonnement annuel étudiants, vous arrivez sur la troisième marche du podium, derrière Paris et Lyon.

Sur la suppression du ticket Tarif Réduit : le support papier du carnet de 10 tickets tarif réduit n’existe plus depuis le 1er janvier 2016 ; le titre Tarif Réduit perdure de façon dématérialisée sur la Carte Libertan « Formule sur Mesure ». Il suffit d’écouter les habitants pour se rendre compte que beaucoup d’utilisateurs occasionnels sont convaincus que le tarif réduit est supprimé puisqu’il n’est plus accessible dans les distributeurs. Vous en avez de fait limité l’accès. Vous l’avez implicitement reconnu, M. Affilé, en affirmant : «  si des gens viennent de l’extérieur passer une journée ou passer un entretien pour une embauche chez nous, cela veut dire qu’ils font comme tout le monde, ils achètent un billet au tarif normal. Après tout, n’oubliez pas que ce sont nos impôts qui financent l’ensemble… » M. Affilé , je vous croyais un plus fervent défenseur des droits. De deux choses l’une : soit il existe des règles concernant l’accès au tarif réduit et il convient de les respecter, soit vous proposez de les modifier en les limitant aux seuls métropolitains comme vous le sous-entendez. Auquel cas cela doit être dit et assumé… et éventuellement voté !

Certes il y a la tarification solidaire que nous avons votée mais elle ne concerne que les abonnements annuels. Même pour des personnes éligibles à la tarification sociale, il peut être plus avantageux et moins onéreux de n’utiliser que quelques tickets à tarif réduit. Et comment font les personnes qui n’ont pas accès à un ordinateur pour consulter le relevé de leurs trajets ? La fracture numérique est une réalité pour beaucoup.

A ce sujet, M. Bolo, vous avez clairement remis en cause la légitimité du tarif réduit pour les familles nombreuses en prenant votre exemple personnel. N’est-il pas indécent de faire valoir les revenus confortables assurés par votre cumul de mandats quand nombre de familles bataillent pour boucler les fins de mois ?

Nous maintenons notre demande de proposer les deux modes d’accès au tarif réduit : c’est-à-dire le ticket ou la carte Libertan. Je rappelle tout de même qu’il n’était pas possible de bénéficier du tarif réduit via la carte Libertan l’année dernière.

Quant au kit famille, vous annoncez son maintien dans la délibération. Il s’agit en réalité d’un rétablissement pour être exact car vous l’aviez supprimé en avril dernier. Nous nous en réjouissons car une famille de 4 enfants juste au dessus du coefficient de 600 (seuil de la tarification solidaire) aurait dû payer jusqu’à 255 € annuels supplémentaires.

Pour toutes ces raisons, nous ne voterons pas cette délibération.