Un « grand » débat Loire… aux petites ambitions

Nous saluons le travail produit par les citoyens de toute l’agglomération qui se sont pleinement saisis du sujet et la riche synthèse réalisée par la Commission du débat… mais nous nous interrogeons sur la gouvernance qui a présidé à l’organisation du débat et sur son ambition.

La Présidente de Nantes Métropole a mis les grands moyens pour ce débat à 600 000 €. Ce coût aurait sûrement pu être réduit sans amputer la qualité des contributions, en cette période de forte hausse d’impôts (en 2016, la taxe d’habitation augmentera de 18,5 % et celle sur le foncier bâti va être multipliée par 10, passant de 0,659% à 6,41 %).

Notre Groupe a pris part à ce débat en y versant une contribution sous forme de cahier citoyen – qui, hélas, n’a pas été repris dans l’édition du rapport présenté par la commission du débat… Plusieurs propositions innovantes en matière de logement ou d’environnement y figurent comme l’habitat flottant, les navettes fluviales et l’énergie hydrolienne. Nous invitons donc ceux qui le souhaitent à consulter notre contribution citoyenne sur notre site www.udc-nantes.fr.

C’est donc en tant que simples citoyens que nous avons contribué à ce débat, puisque nous n’avons pas été représentés en tant qu’élus locaux. Comme souvent, Johanna Rolland valorise la démocratie participative, mais oublie la démocratie représentative qui est la base de notre système démocratique.

Nous regrettons également que les questions de développement économique, l’avenir du Grand Port Maritime et les solutions de franchissements ne soient pas davantage développés dans les conclusions et les 30 engagements qui font suite au débat. Les conclusions nous font donc un peu penser à la maxime latine « du pain et des jeux » puisque le débat s’est presque exclusivement attardé sur des sujets ludiques : on se croirait à l’époque du Ministère du temps libre ! S’il est effectivement important de soigner l’esthétique de notre fleuve et d’en rechercher les atouts pour nos moments de loisirs, pourquoi l’exclure du potentiel économique qu’il recèle encore pour toute notre agglomération ?

Nous notons que les concepteurs du débat ont dû le qualifier de grand pour pouvoir continuer de le prétendre à la dimension d’une capitale régionale… Il aurait pourtant témoigné une hauteur de vue bien supérieure en envisageant la question de l’eau à Nantes en général et pas seulement la question du fleuve. L’eau, qui a façonné le visage de la ville-centre et a dessiné entre autres le cours des 50 otages, en a été reléguée par une vaste politique de comblements au XXe siècle. Un débat à la hauteur de l’histoire de Nantes aurait dû permettre des propositions visant à redonner sa place à l’eau dans tout le cœur de ville.

Nous souhaitons que ce débat accouche de projets à la hauteur de son financement et de l’enjeu. La Loire a porté le développement de Nantes vers l’océan et le monde, elle a charrié les idées républicaines revenues d’Amérique et dessiné la métropole d’aujourd’hui. Au terme de ce grand débat, nous restons sur notre faim et il nous semble que nous avons encore beaucoup à demander à ce fleuve trop oublié.

Post-Scriptum : Cette tribune fournit une illustration de la démocratie à Nantes : notre groupe d’opposition se voit imposer, un mois et demi à l’avance, le thème et le calibre de son texte…