Réduire nos déchets, améliorer notre collecte

Quelques semaines après la COP 21, chacun reste persuadé des efforts à accomplir, tant au niveau individuel qu’au niveau des collectivités, pour limiter la production de déchets. La production de déchets a doublé en 40 ans, si bien qu’on en produit en moyenne 590 kg par an et par habitant ! Les enjeux liés au retraitement des ordures sont particulièrement essentiels, c’est pourquoi Nantes Métropole travaille à baisser de 10% la production de déchets collectés d’ici 2020. Notre Groupe identifie trois enjeux majeurs sur cette question.

Premièrement, l’objectif de réduction des déchets et des coûts associés à leur traitement doit passer par un travail de sensibilisation et d’incitation des citoyens. Il ne s’agit pas de viser l’objectif illusoire du ‘zéro déchet’ (impossible à tenir en ville) mais de réduire significativement le gaspillage et l’empreinte emballage de chaque Nantais. A cet effet, nous suggérons trois pistes de travail  pour une politique incitative de gestion responsable des déchets :

– La visite d’une usine de traitement pour tous les enfants de primaire et plus particulièrement du cycle 3 (CE2, CM1, CM2). La pédagogie vis-à-vis des plus jeunes a un effet d’entraînement avéré sur les comportements sociaux.

– La mise en place d’une « facturation » plus juste, et donc incitative, du service. Le nombre de collectes a été réduit à Nantes depuis 2010 (à part dans le centre-ville en raison des activités commerciales génératrices de déchets importants). Puisque l’on collecte moins souvent, il serait logique que l’on « facture » moins à l’usager ! C’est pourquoi nous demandons depuis 2010 la baisse de la taxe sur l’enlèvement des ordures (TEOM).

– La mise en place d’une réflexion avec les commerçants du territoire pour travailler à la réduction des emballages.

Deuxième enjeu : redonner une fonction aux objets qui n’ont plus d’usage au lieu d’en faire des déchets supplémentaires. Les mentalités changent : beaucoup d’associations et de créatifs proposent des solutions de valorisation des objets déposés en déchetteries. Grâce à ces ressourceries, les déchets requalifiés changent de statut et réintègrent le circuit des usages au lieu de grossir la masse des déchets. Un enjeu de taille pour chacun : redonner vie aux objets démodés et réparer les appareils défectueux !

Dernier enjeu majeur pour l’agglomération : optimiser les coûts de notre service public de collecte et de traitement. Voilà 20 ans que nous cultivons le « ni-ni » (ni tout délégation ni tout régie) en cumulant deux modes de gestion complémentaires : sous-traitance ET régie directe. Ces deux modes ont leurs vertus propres mais il est légitime, vu le contexte budgétaire, de se demander lequel coûte le moins cher. Un des enjeux majeurs est donc de rebattre les cartes de cette gestion d’ici la fin du mandat pour la rendre encore plus efficiente au meilleur prix. Dans l’intérêt de l’usager contribuable. Rappelons également qu’il nous revient de ne pas laisser sur la voirie nos conteneurs à déchets. Se conformer à cette règle, dans la mesure du possible, constitue le premier geste de civisme et de respect de l’environnement urbain.

La collecte et le traitement des déchets sont des services publics qui exigent un investissement entier de la collectivité. Mais la responsabilité de chacun sur ce sujet précis se fait de plus en plus grande.