Le logement abordable : un bien trop rare à Nantes !

Le Maire s’intéresse enfin au sujet du logement abordable, qui a longtemps été un sujet… inabordable justement. Nantes et Saint-Herblain ont connu un fort développement urbain au cours des années 70 et l’on sait que cet essort, qui ne fut pas pour rien dans la conquête du pouvoir par M. Ayrault, repose en partie sur une importante politique de logement social. Le logement abordable n’obtint, lui, que les miettes de cette politique bétonnière. Aujourd’hui, le parc de logement social atteint les 90 % dans certains quartiers nantais, posant la question récurrente de la mixité. La loi Duflot et la mutualisation des logements sociaux à l’échelle métropolitaine (récemment adoptée) vont du reste renforcer la production de logements sociaux pour… Nantes et Saint-Herblain, dont les taux sont déjà supérieurs à 25 %.

Dans ce contexte, le logement abordable constitue un enjeu majeur pour Nantes. Rappelons qu’il s’agit d’un dispositif permettant exclusivement aux primo-accédants (sous conditions de ressources) d’accéder à un logement neuf vendu à peine plus cher que le social. Alors comment produire davantage de logement abordable ?

1) En incitant les coopératives immobilières sociales à produire elles-mêmes du logement social et de l’abordable. En effet, aujourd’hui 53% du parc social de la Métropole est produit par… des promoteurs privés, qui vendent à perte sur ce segment social en raison des plafonds de prix imposés par Nantes Métropole. Ces contraintes règlementaires et financières tendent à freiner la construction. Les logements sociaux étant financés par les logement libres, ils conduisent mécaniquement à surenchérir le prix de ces derniers. Dans ces conditions, il devient très difficile pour les promoteurs de réaliser de l’abordable. Les coopératives sociales doivent s’investir sur le segment du logement abordable à la demande de la Métropole. Cela nécessite de renoncer au dogme du tout logement social.

2) En imaginant un dispositif de logement intermédiaire accessible sous conditions de ressources : 20% moins cher que le libre grâce à une synergie entre l’État (réduction de TVA), la Métropole (subvention), les promoteurs (effort de prix) et l’acheteur (auto-finition). Dans le système d’auto-finition, c’est l’accédant qui réalise lui-même les finitions de son logement (sols, peintures…) selon ses goûts.

3) En produisant de l’abordable dans l’ancien et pas exclusivement dans le neuf. La politique logement de Nantes Métropole se fait à grands coups de ZAC ici ou là, quitte à réduire des surfaces vertes. Elle doit réhabiliter le bâti ancien au lieu de raisonner à l’échelle des grands espaces.

Nantes compte 37 % de propriétaires contre une moyenne nationale de 50 %. Il est donc anormal qu’une place plus importante ne soit pas faite, notamment, aux logements abordables pour faciliter un premier accès à la propriété. Exemple : les projets Désiré Colombe et Maison d’arrêt ne prévoient aucun logement abordable ; les classes moyennes, non éligibles au logement social et confrontées à un marché libre onéreux, sont donc exclues de ces programmes… et du centre-ville. Un parcours résidentiel complet doit permettre à chacun d’évoluer au long de sa vie et d’accéder progressivement à la propriété. Question d’ambition pour les Nantais !