INTER OU HORS CONNEXION : TELLE EST LA QUESTION

Au sens premier du terme, « connecter » signifie « relier, établir des connexions ».

Cette action de « mettre en place une liaison » implique deux acceptions : l’une, numérique, l’autre, humaine.

Une ville est dite « connectée », lorsqu’elle utilise les technologies de l’information et de la communication pour améliorer la qualité des services urbains et en réduire les coûts.

Labellisée « French Tech » depuis 2014, Nantes est considérée comme valeur sûre à l’aube de la révolution numérique qui bouleverse toutes les tendances de nos modes de vie.

Avec des événements comme la « Nantes Digital Week » ou le « Web2day », dédiés aux innovations numériques, nul doute que les Nantais ont su surfer sur la vague qui permet d’atteindre les rives d’une ville intelligente.

Dans des domaines aussi variés que la formation, l’emploi, la solidarité, les transports, la gestion de l’énergie, des déchets… Nantes ne cesse de se numériser, d’expérimenter, nous nous en réjouissons. Mais il y a encore beaucoup à faire.

D’abord parce que l’ensemble des Nantais n’est pas associé à ce développement. Nombre de nos concitoyens en sont encore trop éloignés. L’information, l’appropriation des enjeux et des usages sont une des clés de la réussite de cette transition numérique qui doit être accessible à tous. Faut-il pour bénéficier des atouts de la ville connectée, être un Nantais âgé de 20 à 35 ans habitant l’Île de la Création ? La transition numérique et le nouveau modèle de société qu’elle induit ne doit laisser personne au bord de la route.

Mais aussi parce que « La Connexion » n’est pas seulement un croisement d’informations et de données.

Nantes dispose d’une multitude d’autres opportunités de connexion tout aussi fondamentales, qui ne semblent pourtant pas bénéficier de la même attention et du même soutien que le développement des systèmes technologiques.

– Prétendre à l’ultra connexion et rester dans une totale indécision quant à la création à Nantes, d’un grand aéroport international est un non sens. Malgré le résultat sans équivoque de la consultation du 26 juin dernier, subsistent encore de nombreuses incertitudes quant à l’évacuation de la ZAD et au démarrage des travaux.

– Alors que Nantes avait fait de l’accessibilité du territoire sa préoccupation majeure depuis des dizaines d’années, en devenant la première ville de l’ouest à 2 heures de Paris, ce sont désormais Rennes et Bordeaux qui font la course en tête, avec des lignes à grande vitesse qui les placeront respectivement d’ici un an, à 1h30 et 2h de la capitale.

– Comment imaginer l’avenir de notre territoire en ignorant la situation inquiétante du Grand Port Maritime, qui fait pourtant partie intégrante de l’histoire et de l’identité de Nantes, et sur lequel l’État n’a aucune vision ?

– Que dire encore du peu de visibilité sur les projets de franchissements de Loire, ou sur les aménagements sporadiques du périphérique (régulièrement inondé) et sa saturation annoncée ?

Sur tous ces sujets, notre ville a pris du retard par rapport à ses voisines de l’Ouest. Nous demandons que ces projets, sur lesquels nous interpellons régulièrement la Ville, puissent être rapidement mis à l’ordre du jour des préoccupations de la municipalité afin de préparer l’avenir de nos territoires.

N’oublions pas que la seule connexion qui vaille, est la connexion aux autres.