Pour un équilibre des deux et quatre roues

Le vélo triomphe dans les pays les plus froids d’Europe : à l’exemple des Pays-Bas ou de la Suède, le vélo gagne des parts de marché dans les pays occidentaux les plus avancés alors qu’il régresse dans les pays en développement… toujours au profit de l’automobile. Une mutation profonde des comportements est en cours, en France et à Nantes, qu’il faut encourager pour des raisons de santé publique et de fluidification du trafic. Moins de voitures entraîne moins de pollution sonore et atmosphérique et moins de bouchons. Le vélo contribue dans le même temps au développement de relations sociales plus humaines, là où la voiture enferme chacun dans un véhicule bruyant. Avec 6 % de déplacements quotidiens effectués à vélo, Nantes fait mieux que Paris, Lyon et Lille mais moins que Strasbourg (15 %) et Bordeaux (8 %). Le vélo est à la fois un enjeu très important pour Nantes – guettée par la thrombose de ses artères principales – et le moyen de transport qui nécessite les aménagements les moins onéreux.

Mais ces deux roues ne peuvent remplacer les quatre que nous utilisons pour les trajets longs à échelle d’une agglomération ou d’un département. Le vélo reste et restera par ailleurs inaccessible à beaucoup : personnes âgées et handicapées, jeunes enfants, parents emmenant des enfants à l’école ou à la crèche… Pour rendre plus incitatif le système Bicloo, il serait souhaitable de pouvoir l’élargir, un jour, aux vélos à assistance électrique. Cela représente bien sûr un investissement et un effort de maintenance importants mais qui peuvent aider de nombreuses personnes à passer aux deux-roues pour leurs trajets intra-urbains.

Tous les moyens de transports doivent pouvoir cohabiter pleinement dans la métropole apaisée, sans exclusion ni anathème. Il faut pour cela clarifier les règles de circulation sur certaines pistes cyclables – théoriquement à sens unique – et les faire respecter. Beaucoup de difficultés rencontrées par les cyclistes viennent d’ambiguïtés diverses sur les usages et de la discontinuité des axes vélo (carrefours, ronds-points etc). La continuité des axes et des marquages doit donc être la priorité pour la sécurité de tous, des plus jeunes en particulier. C’est pourquoi nous demandons la mise en place d’un Code de la rue pour rappeler à chacun les règles de circulation et de cohabitation.

Encourager le vélo ne doit pas signifier pénalisation de l’automobiliste… Automobiliste qui perdra encore une demi-douzaine de places de stationnement avec les aménagements vélo de la rue de Strasbourg et doit payer autour de 3 € l’heure de stationnement en centre-ville, juste en-dessous de Paris (4 €) et au-dessus des autres métropoles françaises ! A Strasbourg, on stationne pour 2 € l’heure, preuve qu’une politique vélo ambitieuse ne passe pas forcément pas une politique anti-voiture.

Pour inciter les Nantais à opter en faveur du vélo dans leur trajets quotidiens, il importe enfin de travailler sur… le bâti : en soutenant par exemple les projets immobiliers qui intègrent des locaux à vélo et en encourageant les entreprises et établissements qui offrent des facilités à leurs salariés pour leur déplacement domicile-travail. Beaucoup de Nantais renoncent aux deux-roues par absence de local à vélo et par crainte du vol.