Madame le Maire,

Comme nous l’avons souligné vendredi dernier à Nantes Métropole, il y a dans ce document un certain nombre d’éléments que nous rejoignons :

  • logement des personnes âgées ; beaucoup d’initiatives associatives naissent actuellement pour lutter contre l’isolement de ces personnes, nous vous invitons à les soutenir car elles offrent une véritable alternative au logement en foyer ou en EHPAD souhaité par très peu de personnes âgées aujourd’hui ;

  • logement des jeunes qui est aussi un véritable enjeu pour notre métropole ;

  • logement des familles dont vous soulignez l’importance même si trop d’entre elles quittent les frontières de la métropole pour s’installer en 2ème ou 3ème couronne.

Il y a en revanche des éléments que nous n’approuvons pas dans votre manière de construire ce document :

  • d’abord le logement social. J’ai rappelé la semaine dernière que seule la moitié des 38.000 ménages qui vivent sous le seuil de pauvreté sur Nantes Métropole bénéficient d’un logement social. Une petite partie est propriétaire de son logement, les autres se débrouillent comme ils peuvent dans le parc privé. Il y a 61.000 logements sociaux sur le périmètre de Nantes Métropole, mais 11.000 ménages qui vivent sous le seuil de pauvreté et qui n’y ont pas accès.

  • Ensuite la question, liée à la précédente, de l’accession à la propriété. Seulement 38% de ménages propriétaires de leur logement à Nantes, c’est une moyenne vraiment basse par rapport aux villes de taille comparable. La vente des logements sociaux à leurs occupants est une vraie piste à développer, on ne vous sent pas complètement mobilisés sur le sujet.

  • La question de la nature en ville, dont vous parlez beaucoup, mais dont on voit mal comment elle va s’inscrire dans votre ambition d’accueillir 2000 logements supplémentaires à Nantes chaque année. On a bien à l’esprit la dynamique de la ville, le solde naturel, les prévisions de chiffres, mais on peut réfléchir à la répartition de cette population supplémentaire, pas seulement à l’échelle des 24 communes mais aussi à l’échelle du département et du bassin de vie. Ce n’est pas ce que vous avez construit dans le PLH et plusieurs communautés de communes voisines de la Métropole le regrettent à raison.

  • Un mot enfin sur le “Coefficient de Nature en Ville”, qui partait sans doute d’une bonne intention, mais qui de l’aveu même de certains maires, tous bords politiques confondus, est une telle usine à gaz qu’il pourrait aboutir au contraire de l’objectif souhaité.

Ce PLH même s’il soulève un certain nombre de questions que nous rejoignons ne nous semble pas répondre en l’état aux enjeux de qualité de vie que nos concitoyens attendent ou même viennent chercher à Nantes. Beaucoup d’habitants nous alertent sur des conditions de vie qui se dégradent, sur des quartiers qui perdent leur identité, des maisons individuelles qui disparaissent et emmènent avec elles des arbres, des petits jardins qui donnaient à une rue ou à un pâté de maison un côté plus aéré et verdoyant.

Une étude récente de l’Institut de Géographie de Nantes montrait que le cadre de vie préféré des Français était la grande ville au XXème siècle, avec les valeurs d’émancipation qu’elle portait avec elle au moment de l’exode rural de la 2ème aprtie du XIXème. Tout cela est en train de changer et aujourd’hui le cadre de vie rêvé de nos concitoyens, c’est la “Petite Cité de Caractère”. Nos villes continuent à grandir et à attirer, notamment parce que l’on y trouve du travail, mais les aspirations des Français changent profondément. Sachons en tenir compte pour Nantes dans les années à venir.