Conseil Métropolitain du 16 février 2018 – Intervention de Julien Bainvel – Révison du PDU

Madame la Présidente,

Chers collègues,

Il est question aujourd’hui d’arrêter le PDU 2018-2027 avant d’engager la concertation et la discussion avec nos partenaires pour un vote à la fin de l’année.

C’est un sujet particulièrement important pour des élus métropolitains que d’aborder cette question centrale des déplacements à horizon 2030.

Je ne reviendrai pas sur les propos tenus par mes collègues, vous me permettrez d’évoquer quelques éléments qui nous paraissent devoir être pris en compte d’ici la fin de l’année et nous formulons des propositions que nous souhaitons voir reprises dans le document qui sera soumis au vote de notre Assemblée.

Tout d’abord, je veux vous dire ma conviction que dans l’élaboration d’un PDU, il y a deux philosophies qui s’opposent.

D’un côté, celles et ceux qui veulent limiter la place de la voiture, voire l’interdire par pur dogmatisme.

De l’autre, celles et ceux, dont nous sommes, qui considèrent que ce qui compte c’est notre capacité à réduire nos émissions de gaz à effet de serre ce qui implique de ne pas voir l’automobiliste comme l’ennemi à abattre.

Le PDU tel qu’il nous est proposé porte en lui des éléments positifs, des éléments beaucoup plus discutables et enfin des éléments pouvant être améliorés ou ajoutés.

J’identifie pour ma part 5 enjeux qu’il convient de relever dans la 6ème métropole française pour relever le défi de déplacements fluides, économiques et écologiques.

Tout d’abord un enjeu, majeur, de fluidité.

La congestion du trafic routier, que chacun mesure chaque jour avec une intensité forte aux heures de pointe, participe fortement de la dégradation de la qualité de l’air et du cadre de vie.

Il y a donc urgence à engager des politiques permettant de fluidifier le trafic. Plusieurs pistes sont évoquées dans les fiches actions.

De notre point de vue, cet enjeu nécessite :

  • La révision du plan de circulation de la ville centre ;

  • L’incitation à l’usage des véhicules non polluants en ayant une politique tarifaire attractive en matière de stationnement sur voirie et dans les parkings couverts et en enclos ;

  • La révision du projet d’aménagement du Pont Anne de Bretagne qui ne sera pas en capacité de répondre aux besoins, ce que de nombreux acteurs ont d’ailleurs confirmé depuis notre intervention en Conseil métropolitain ;

  • La prise en compte, aujourd’hui largement insuffisante, du projet d’aménagement de la Petite Hollande qui entrainera le report de 40 000 véhicules / jour sur des secteurs d’ores et déjà saturés ;

  • La question des franchissements intra et extra périphérique ;

  • La mise à plat complète du plan de desserte de l’Ile de Nantes ;

  • La nécessité de faire de la Gare de Chantenay un véritable pôle multimodal combinant bus, busway, navette fluviale… en entrée de ville-centre, dans le cadre du projet du Bas Chantenay.

Le 2ème enjeu est un enjeu de connexion entre les communes de la Métropole

L’évolution de votre majorité sur le passage du réseau en étoile au réseau maillé, que nous réclamons depuis plus de 10 ans, va dans ce sens.

Un travail sur la création d’un titre de transport unique nous parait également particulièrement important pour améliorer les offres en direction de nos concitoyens.

Enfin, l’expérimentation de nouvelles lignes ou d’horaires élargis dans les communes de l’agglomération est également nécessaire.

Le 3ème enjeu est celui du stationnement

J’évoquais tout à l’heure la nécessité d’avoir une politique attractive pour les véhicules propres. Sur ce sujet, il y a également deux conceptions qui s’affrontent.

La 1ère qui consiste à concevoir le stationnement comme une manne financière supplémentaire qui vous pousse à augmenter sans cesse et les tarifs et les périmètres des zones payantes.

La 2nde, notre conception, consiste à faire du stationnement un mode de régulation de l’usage de la voiture : éviter les voitures ventouses et limiter l’usage de la voiture. Rappelons qu’une voiture stationnée est une voiture qui ne roule pas et donc ne pollue pas.

Aussi, dans votre logique d’extension du stationnement payant aux boulevards du 19ème, je vous propose d’instaurer la gratuité pour les résidents, seuls les non riverains étant soumis à tarification.

Je vous propose également de permettre à nos concitoyens disposant d’un garage individuel de se garer devant, sans risquer de contravention (si bien sûr ce stationnement n’est ni dangereux, ni gênant).

Le 4ème enjeu est celui du respect et du bien vivre ensemble.

J’ai tout d’abord été surpris alors que ce document présente de nombreux sujets, qu’à aucun moment la question de la sécurité dans nos transports publics ne soit évoquée. Nous avions formulé des propositions et demandes permettant de sécuriser le réseau, les personnels et les utilisateurs des transports métropolitains. Nous souhaitons que ces aspects soient abordés dans le PDU.

On trouve dans cet enjeu du bien vivre ensemble les questions liées aux alternatives du quotidien : le vélo, les nouveaux modes de déplacements, la marche à pied….

Ceci nécessite notamment la rédaction d’un véritable code de la rue qui rappelle à chacun ses droits et ses devoirs et qui prenne en compte les nouveaux modes de déplacement comme les trottinettes électriques, les gyropodes et autres hoverboard.

Je note à ce titre avec satisfaction que notre demande ancienne de favoriser le partage des voies aux covoitureurs est reprise.

Enfin, le dernier enjeu est financier.

Le coût global du plan d’actions du PDU est évalué à 3,3 Mds d’euros sur la période ce qui constitue naturellement un investissement considérable.

Néanmoins, la récente décision du Gouvernement d’abandonner le projet NDDL oblige à revoir la desserte de Nantes Atlantique avec des choix qui seront de toute façon coûteux notamment s’il s’agit de prolonger le tramway jusqu’à l’aéroport.

Il est extrêmement important d’avoir une évaluation fine du plan d’actions, de s’assurer que les conséquences de l’abandon de NDDL ne viendraient pas empêcher d’autres projets sur la Métropole, et sans doute de remettre à l’étude certains choix comme le doublement d’Anne de Bretagne ou le choix du tramway sur l’Ile de Nantes, autant de projets coûteux qui pourraient peut-être être remplacées par des alternatives moins coûteuses tout en étant autant voire plus efficaces.

Vous le voyez, Madame la Présidente, nous formulons des propositions que nous vous demandons de mettre à l’étude pour certaines, d’intégrer pour d’autres avant que le PDU ne soit soumis au vote à la fin de l’année 2018.

Je vous remercie.