Conseil métropolitain du 22 juin 2018

Délibération 1. PLH – Laurence Garnier

Il y a un certain nombre d’éléments que l’on ne peut que rejoindre dans ce PLH, notamment en ce qui concerne la nécessité d’adapter notre parc de logements aux enjeux du vieillissement de la population métropolitaine dans les années à venir, 

Également en ce qui concerne le logement des jeunes qui ont des moyens financiers limités. 

Réaffirmer notre attachement au logement intergénérationnel qui répond à ce double enjeu de logement des jeunes et de vieillissement de la population, tout en étant vecteur de solidarité (rappeler que 52% des ménages à Nantes sont constitués d’une personne seule). 

Nous souhaitons qu’une attention particulière soit portée aux familles qu,i malgré l’accession abordable, continuent pour beaucoup d’entre elles à quitter la métropole pour s’installer en deuxième ou troisième couronne. 

2 points sur lesquels nous sommes beaucoup moins en phase :

1. vous présentez l’habitat comme « vecteur de développement » ; on ne voit que très peu apparaître la notion de qualité de vie et de bien-être. L’habitat doit aussi être vecteur de bien-être et de qualité de vie pour nos concitoyens. La densification telle que vous la concevez et la mettez en œuvre à Nantes ne nous semble plus répondre aux attentes de nos concitoyens.

Bien sûr il y a de nouveaux habitants qui arrivent sur le territoire et un solde naturel positif, mais la gestion de cette dynamique démographique n’oblige pas forcément à mettre tout le monde au même endroit. Il y a une question de répartition de ces habitants sur le territoire à l’échelle du bassin de vie et du département qui mérite d’être reposée. 

Du reste, dans l’élaboration du document, il n’y a eu aucune concertation avec les communautés de communes qui jouxtent la métropole nantaise. La métropole ne peut pas dans sa politique en matière d’habitat se déconnecter de ses communes voisines pour réfléchir à une gestion harmonieuse de la construction de logements à l’échelle de son bassin de vie. 

1ere réserve qui doit nous faire réfléchir sur notre gestion à long terme de l’aménagement du territoire et le cadre de vie que nous voulons proposer à nos concitoyens. 

2. 2eme point sur la question du logement social. Une étude récente de l’AURAN décompte aujourd’hui 134.000 ménages éligibles au logement social à Nantes, soit environ 50% de la population. Or vous annoncez dans le PLH que l’on devrait atteindre 25% de logements sociaux en 2025. Donc premier constat : on ne pourra jamais loger en logement social tous ceux qui y ont droit selon les critères actuels. Donc parmi ces 134.000 ménages il faut que le logement social s’organise pour loger ceux qui en ont le plus besoin.  

38.000 ménages qui vivent sous le seuil de pauvreté dans la métropole nantaise. Et seulement la moitié d’entre eux (19.000) sont logés dans le parc locatif social. Les autres sont dans le parc locatif privé et quelques uns (15%) sont propriétaires de leur logement. 

Cela veut dire qu’aujourd’hui plus de 11.000 ménages vivent sous le seuil de pauvreté dans notre agglomération sans bénéficier d’un logement social. C’est ça le vrai problème et le PLH que vous nous proposez aujourd’hui ne nous semble pas s’attaquer à cet enjeu qui est prioritaire pour loger les plus fragiles. 

Pour ces deux raisons nous nous abstiendrons donc sur cette délibération.