A l’heure de la rentrée pour les Nantais, c’est pour un certain nombre d’entre eux, la reprise des rituels embouteillages. Ce fléau du quotidien est une triple peine. Il nuit à l’environnement, à la qualité de vie et à l’économie.

Un véhicule bloqué dans un bouchon consomme environ deux fois plus de carburant et émet par conséquent deux fois plus de gaz à effet de serre. « Chaque année les Nantais perdent plus d’une journée dans les bouchons : 26,8 heures », étude INRIX 2016. Cette même étude prévoit que le coût des embouteillages, pour notre pays, évalué à 17 Mds€ d’euros en 2013, passerait à 22 Mds€ en 2030. Enfin, personne n’a jamais témoigné de l’expérience d’être coincé dans un embouteillage comme favorable à son bien-être. Cette incontestable réalité, nous oblige à penser dès maintenant avec ambition et pragmatisme les modes de déplacement de la ville de demain. L’histoire ne va pas dans le sens du « tout voiture » et notre groupe s’inscrit pleinement dans cette voie.

  • Le Plan de Développement Urbain (PDU) est l’instrument par lequel Nantes Métropole orchestre les conditions des transports, de circulation et de déplacement. Le précédent PDU a échoué à augmenter la part du vélo dans les déplacements. En effet, sa part est passée de 2% en 2002 à 3% en 2015, un tout petit point d’écart en plus de 10 ans. Cette évolution n’est pas satisfaisante en soi, mais ce chiffre est d’autant plus préoccupant si on le compare à l’objectif qui était d’atteindre 12%.

L’exemple de Paris, où la colère gronde devant l’échec cuisant des choix ineptes d’Anne Hidalgo devrait inspirer la majorité de notre ville pour penser les déplacements autrement qu’en s’obstinant à vouloir faire disparaître les voitures. Il est urgent de sortir d’une logique d’opposition des modes de déplacements pour offrir à nos concitoyens une ville qui réconcilie les déplacements, l’écologie et la qualité de vie.

En la matière, il y a encore tant à faire, à expérimenter, à proposer.

Depuis plusieurs années notre groupe demande le test de la mise en place de voies réservées au covoiturage. Ce système a montré des résultats satisfaisants à Madrid depuis plus de 20 ans, à Grenoble depuis 10 ans.

Nous avons également proposé la mise en place d’un programme de fidélité qui fait la promotion positive de tous les déplacements doux. A chaque trajet effectué dans les transports en commun, en vélo, en covoiturage, en auto-partage l’utilisateur gagne des points qu’il peut utiliser auprès des commerçants. A Bordeaux, Rennes, Grenoble et Lyon ce système a déjà fait ses preuves. A Toulouse ce sont 47 000 abonnés en 6 mois.

L’amplification des transports fluviaux, la promotion de l’auto-partage et du covoiturage, sont autant de projets que notre groupe souhaite voir se développer dans notre ville. Enfin, notre collectivité a pris du retard dans le développement du télétravail. Une alternative indirecte à la voiture qui pourrait bien limiter pollution et embouteillages dans des proportions totalement sous-exploitées jusqu’à présent.