Conseil métropolitain du 5 octobre 2018

Délibération 19 : Appel à Manifestation d’Intérêt «Territoire de mise en œuvre accélérée du plan Logement d’Abord » – Convention Nantes Métropole/Etat

Blandine Krysmann

Voilà un sujet rarement abordé en Conseil Métropolitain. Nous nous réjouissons que la Métropole ait été choisie pour une mise en œuvre accélérée du « plan logement d’abord » qui vise à réduire «  significativement le sans abrisme ». Pour mémoire, les publics visés par ce plan sont les personnes sans-domicile ainsi que les personnes en difficultés d’accès ou de maintien dans le logement.

Ce plan se propose d’accélérer  l’accès au logement des personnes à la rue et hébergées, pour fluidifier l’hébergement d’urgence afin de lui permettre de retrouver sa vocation première d’accueil inconditionnel pour les personnes en situation de grande détresse.

Vous savez qu’il ne s’agit pas juste de trouver des logements mais aussi d’accompagner une partie de ces personnes pour qu’elles puissent se maintenir dedans.

Ce plan n’aura toutefois pas d’impact immédiat sur l’hébergement d’urgence.

A Nantes, la situation est très préoccupante. Chaque année, il nous faut constater que le 115 est débordé, le nombre d’appel a quasi doublé entre 2015 et 2017 (plus de 5000 appels par mois). Il est difficile de les joindre, et quand les personnes y arrivent c’est souvent pour avoir une réponse négative faute de places d’hébergement d’urgence. Il y a eu à plusieurs reprises des familles et donc des enfants dans la rue.

Au 1 er janvier 2018, 4223 personnes étaient domiciliées au CCAS de Nantes. Il est mentionné que le CCAS est passé de 1200 à 4223 personnes, soit une hausse de 252% Au CA du CCAS, il nous a été précisé que cela n’incluait pas les migrants.

Etre domicilié au CCAS cela signifie que l’on n’a pas d’adresse où recevoir son courrier, ce qui est indispensable pour des démarches administratives. C’est donc bien le signe d’une grande précarité concernant le logement

J’ai donc 3 questions :

  • Peut-on avoir un bilan de l’ensemble des domiciliations dans les CCAS métropolitains ?
  • Vous avez récemment déclenché le plan communal de sauvegarde pour les migrants du square Daviais, que comptez-vous faire pour les domiciliés au CCAS dont une partie est à la rue et alors que le froid revient ?
  • Une responsable d’association d’aide, très sollicitée en ce moment, me disait : « il y a ce que l’on veut et ce que l’on peut » Pensez-vous, quand on connait la pénurie de logement que votre position d’accueil inconditionnel soit réaliste ?