Madame le maire,

Nous souhaitons faire le point sur la situation des migrants à Nantes. 
J’ai plusieurs questions, à la suite de nos interventions du dernier conseil, sur lesquelles j’espère des réponses claires.

Tout d’abord, les chiffres qui nous ont été donnés sur l’arrivée d’immigrés issus de la vague migratoire de 2018, étaient de 30 à 40 immigrés par semaine en octobre. Ce nombre augmente et nous atteignons 500 à 750 par semaine, parmi lesquels 2/3 sont à Nantes d’après les informations que nous avons de la Préfecture.

Ma première question est la suivante : Quelle vision avez-vous sur ces entrées à court et moyen terme ? Combien de migrants sont attendus à Nantes et sur la métropole d’ici 2020 ? Nous pouvons voter des enveloppes, mais nous nous devons de communiquer la juste réalité à nos concitoyens.

Ensuite, quels sont les montants engagés ?

Nous avons voté une enveloppe de 3 millions d’euros, et engagé 1,2 millions d’euros de frais pour l’installation et l’adaptation des structures d’accueil (je vous rappelle les précisions apportées par la délibération du CCAS datée du 12 décembre 2018). Nous sommes donc à 4,2 millions d’euros de frais et une partie de cette somme est plus que nécessaire pour gérer cette crise devant laquelle nous devons nous montrer responsable. Cette responsabilité nous oblige et elle nous oblige à ne pas mettre la poussière sous le tapis.

Or le débat d’orientation budgétaire ne parle pas des dépenses afférentes à cette question migratoire. Il y a donc à nouveau un art à ne pas projeter les sujets qui concernent les nantais. Nous devons prévoir dans le prochain budget cette question et l’anticiper avec vérité.

Vous nous avez parlé d’un budget à voter aux motifs qu’il serait remboursé par l’État qui n’en a pas vraiment le temps ou les moyens : Entre la surprise de 11 milliards annoncés par le Président en réponse à la crise des Gillets Jaunes et la signature du pacte de Marrakech, nous allons devoir sérieusement anticiper des dépenses qui vont arriver et qui ne seront pas remboursées ou prises en charges par l’État qui en a pourtant la responsabilité.

Ma dernière question portera sur le site de l’ancien EHPAD de la rue de Bréa. Un certains nombre de migrants y ont été hébergés dans l’urgence que nous reconnaissons tous, mais leur présence a créé des dégâts considérables dans l’immeuble voisin, sur lesquels ma collègue Patricia Rio vous avait interrogé. Vous avez dit avoir rencontré un collectif. Ce n’est pas la réalité, les voisins impactés n’ont jamais été contactés. Vous devez apporter des réponse à ces Nantais.

Nous ne pouvons pas rester immobiles face aux situations de détresse ce ces hommes et de ces femmes, mais nous devons travailler pour prévenir, organiser et accompagner au lieu de réagir à posteriori et de se retrouver dans des situations intenables pour les migrants comme pour les Nantais.

Nous nous engageons dans un sujet d’avenir qu’on le veuille ou non, merci donc Madame Le Maire pour vos réponses que j’espère sincèrement dé-passionnées, claires, simples et honnêtes.

Nos concitoyens attendent de leurs élus la vérité. Pas de grandes vérités, mais la vérité en mode « Sujet, verbe, complément ».