CONSEIL MUNICIPAL du 14 décembre 2018

La nature en Ville : agriculture urbaine

Hervé GRÉLARD

Madame Le Maire,

Chers collègues,

La végétalisation des villes est une urgence, elle permet tout à la fois d’atténuer les ilots de chaleur, de produire de la nourriture, de produire de l’oxygène, de dépolluer notre air, de gérer les eaux pluviales, d’accueillir une biodiversité riche et variée, de créer des lieux accueillants pour les habitants… L’enjeu actuel n’est plus d’opposer milieu urbain et milieu rural mais de les interconnecter. Et, je crois que nous pouvons nous accorder sur ce constat.

Si nos grands-parents, par nécessité, savaient empiriquement cultiver leurs potagers, l’urbanisation alliée à la production de masse et la grande distribution ont mis à mal ce savoir-faire en le rendant obsolète. En effet, l’urbanisation croissante des villes a relégué la végétation, au mieux, au rang de l’ornementation, au pire, en l’éradiquant. Pourtant, la présence végétale apaise la rigueur minérale, nous relie au rythme séculaire des saisons.

Par ailleurs, des études sur le taux de prévalence des maladies impactant les citadins a révélé une réduction très significative de ce taux dès lors où la population vit à proximité immédiate d’un espace vert.

Ainsi une étude néerlandaise du début des années 2000, portant sur plus de 10 000 sondés, s’est intéressée à la relation entre la proximité avec les espaces verts et les symptômes ressentis au cours des deux dernières semaines. Les auteurs ont mesuré qu’une augmentation de la surface des espaces verts de 10% était liée à une réduction des symptômes déclarés équivalente à un rajeunissement des individus de cinq années.

Une étude autre étude datant de 2006 cette fois, portant sur un échantillon de 250 800 personnes a identifié une association positive entre la densité des espaces verts dans un rayon de un et de trois kilomètres et la santé générale renseignée par la population. La relation observée est plus forte parmi les personnes de classe socioéconomique modeste.

Il y a donc urgence à remettre la nature au cœur de la ville pour des raisons écologiques mais aussi pour des raisons de santé.

Je souhaite appeler votre attention, à l’occasion de cette communication thématique relative à la nature en ville, sur l’urgence qu’il y a à réintroduire la nature en ville et plus particulièrement sur l’opportunité que nous avons d’y introduire une nature utile grâce à l’agriculture urbaine.

En effet, les premières expérimentations sous forme de jardins potagers urbains n’ont pas toujours réussi à convaincre dans la durée les bénéficiaires. Il est vrai qu’un potager nécessite de lui consacrer du temps et des efforts au quotidien, quel que soit le climat, et souvent pour des résultats en deçà des espérances.

C’est pourquoi, je milite pour que nous accompagnions à Nantes plus et mieux ce mouvement d’agriculture et de maraichage urbains. Pour que nous fassions à Nantes de l’agriculture urbaine plus qu’une opportunité mais un véritable projet partagé.

Pour ce faire, la culture des jardins nourriciers doit être abordée de manière encore plus collaborative et plus ouverte. Ainsi, des jardins partagés et accessibles à tous les habitants d’un l’îlot d’habitation pourraient également être ouverts aux habitants du quartier et aux scolaires. Au-delà de l’aspect nourricier cette agriculture urbaine pourrait aussi remplir une fonction sociale forte, renforcer l’esprit de communauté et l’envie d’entreprendre ensemble.

L’agriculture urbaine peut être une des réponses à développer face aux défis urbains si nous portons un intérêt particulier sa capacité à contribuer :

  • aux enjeux environnementaux,

  • à la sécurité alimentaire de nos concitoyens ;

  • aux circuits courts,

  • au maintien de la santé,

  • à offrir une forme active de loisirs,

  • à multiplier les interactions sociales,

  • à une forme d’éveil et d’éducation,

  • et enfin à l’embellissement de notre ville et à un aménagement urbain viable.

Voilà exposées Madame le Maire et chers collègues, dans le peu de temps qui m’est accordé, les raisons qui me poussent à nous inviter toutes et tous, au-delà de la simple présence de la nature en ville, à nous engager et à encourager les pratiques d’agriculture et de maraichage urbains.