• Je remercie l’ensemble des services qui ont contribué à l’élaboration de ce document d’urbanisme métropolitain. Document qui est l’aboutissement d’un travail de longue haleine qui dure depuis plusieurs années. 

Derrière ce terme très technique de PLUM, en réalité on définit le cadre de vie que l’on veut offrir aux Nantais et aux habitants de l’agglomération pour les 15 prochaines années. Et sur ce plan-là, Mme la Présidente, on ne voit pas bien où vous voulez nous emmener et quelle est votre vision du développement du territoire

Nous avons la chance d’être dans un territoire dynamique à l’échelle de la Ville, du Département et de la Région. Un territoire qui a une croissance démographique importante, tant par le nombre de naissance que par l’arrivée chaque année de nouveaux habitants dans l’agglomération. On a l’impression que vous courez après ce phénomène sans être capable de l’anticiper et de l’appréhender à l’échelle d’un bassin de vie plus large que celui de la seule métropole. 

Personne ici n’a envie de vivre demain dans une métropole à 1 million d’habitants. Et pourtant, on a l’impression que vous nous y conduisez tout droit :

  • Partout à Nantes des immeubles de 5 ou 6 étages, voire plus, remplacent des maisons individuelles. Des quartiers entiers perdent leur identité, c’est le cas du bourg de Saint-Joseph de Porterie, c’est le cas de l’île de Nantes, et encore nous avons échappé aux 2000 logements que vous aviez initialement prévus dans le secteur de la Beaujoire. Vous avez pris une bonne décision en renonçant à ce projet. 

Il faut que l’on entende les inquiétudes et les aspirations des habitants de Nantes et de la métropole qui aspirent à un cadre de vie plus serein et plus apaisé.

  • Aujourd’hui de nombreux habitants sont inquiets : ceux de la caserne Mellinet, ceux du quartier Nantes Sud, ceux du secteur du Grand Clos avec tout le projet des Batignolles. 
  • Les inquiétudes des Nantais se multiplient, vous les lisez dans la presse, Nantes Patrimoine qui s’inquiète hier de « l’urbanisation galopante de la ville ». Le romancier nantais Pierre Bussière qui écrivait dans les colonnes d’Ouest France en janvier dernier : « Peu à peu, l’agglomération de Nantes n’est plus Nantes. Il y fait encore bon vivre, mais de moins en moins » et qui poursuivait « Arrêtez de bétonner et de défigurer notre ville, laissez-nous de la place pour respirer ». 

J’entends parfois certains élus de votre équipe dire que nous dénonçons cette bétonisation ; mais on ne fait que se faire les relais de ce que pensent aujourd’hui de très nombreux Nantais. 

Vous faites un coefficient de nature en ville, d’accord, mais ce ne sont que des pansements sur des jambes de bois, vous le savez bien. En continuant à construire vous ajoutez encore des logements, donc des voitures, des difficultés de circulation, et tout ça va encore compliquer la vie des Nantais. 

Nous pensons au contraire qu’une autre vision de l’aménagement urbain est possible. C’est la raison pour laquelle nous ne voterons pas ce PLUM, parce que nous pensons que l’on peut réfléchir à la question en quittant le logiciel de métropolisation croissante du territoire. Bien sûr c’est difficile, ça nécessite de travailler avec l’ensemble des territoires, ça ne pourra pas se faire en un jour. Mais au moins ce PLUM aurait pu être l’occasion d’une inflexion, alors qu’au contraire tel que vous nous le proposez il accentue cette tendance. 

Je vous invite à lire le livre de J. Ch. Fromantin, maire de Neuilly : « Travailler là où nous voulons vivre ». Il nous invite à nous reposer la question de cette métropolisation à marche forcée telle que vous la proposez. 

Le vrai sujet aujourd’hui, c’est de savoir comment on travaille à une installation harmonieuse et équilibrée des habitants non pas uniquement à Nantes mais sur l’ensemble d’un bassin de vie, autour de centre villes ou de centre-bourgs pour ne pas tomber dans l’étalement urbain. Et comment on aménage ces centres-villes pour être capable d’apporter de l’habitat, des services et de l’emploi. 

Tout le monde s’en trouvera mieux, à commencer par les Nantais eux-mêmes qui pourront enfin espérer que leur ville respire davantage dans les années à venir. 

Voilà Madame la Présidente, encore une fois ce sont des tendances lourdes, des inflexions à donner et tout cela prendra du temps, mais ce qu’on regrette, c’est que vous n’en donniez pas l’impulsion dans ce document et que vous continuiez cette fuite en avant qui ne correspond plus aux attentes des Nantais.